Pour évaluer la qualité de crédit d’une contrepartie, une banque peut s’appuyer sur une notation externe, délivrée par une agence comme Moody’s, S&P ou Fitch, ou construire sa propre notation interne, fondée sur des modèles maison validés par le régulateur.
Deux logiques complémentaires
La notation externe présente l’avantage de la comparabilité : elle repose sur une méthodologie publique et un historique long, reconnu par l’ensemble du marché. Mais elle ne couvre qu’une fraction des contreparties — essentiellement les grandes entreprises et les émetteurs obligataires — laissant de côté la majorité des PME et des financements spécialisés.
La notation interne permet précisément de combler cette lacune. Sous l’approche IRB (Internal Ratings-Based) du cadre de Bâle, une banque peut utiliser ses propres estimations de probabilité de défaut pour calculer ses exigences de fonds propres, à condition de démontrer la robustesse statistique et la gouvernance de ses modèles.
Le risque du biais interne
L’utilisation de notations internes expose toutefois à un risque de biais : une banque pourrait être tentée de calibrer ses modèles pour minimiser ses exigences de capital. C’est pourquoi les superviseurs bancaires soumettent ces modèles à des validations indépendantes régulières et à des comparaisons avec les résultats obtenus par d’autres établissements sur des portefeuilles similaires.
Mieux mesurer le risque, pour décider plus sereinement
Qu'il s'agisse de CVA, de régulation bancaire, de dérivés ou de stratégie d'investissement, chaque repère compris est un pas de plus vers une gestion du risque plus rigoureuse et plus lisible. Aucun modèle ne remplace le jugement professionnel, mais il permet d'aborder chaque décision avec plus de clarté.
Pour aller plus loin
- Croiser plusieurs sources et méthodologies avant de conclure sur un niveau de risque
- Documenter les hypothèses de chaque modèle, jamais les considérer comme acquises
- Suivre les évolutions réglementaires qui peuvent changer le cadre du jour au lendemain
- Revoir régulièrement ses estimations plutôt que de les figer une fois pour toutes